Coup de coeur : L’exposition Rock Off de Steve Lévesque à la Galerie Dentaire

Steve Lévesque fait une peinture de résistance.  Son style résolument trash, écorché et insoumis pourrait sembler lourd s’il n’était pas habillé d’une bonne dose d’humour et de fraîcheur.
Sa démarche, tant dans la technique que dans les thèmes semble s’articuler autour de l’opposition entre vie et mort, renouveau et conformisme.
Ainsi, véritables coups de poings, grimaces crasses à la face du pouvoir, certains de ses personnages  ne sont que formes brutes crées dans l’urgence.  L’expression de sentiments troubles face à la rigidité, la normalité, le pouvoir politique, l’argent, la violence, la répression.  Il y a des crânes, il y a du sang, des squelettes, tout ce dont nous sommes faits.  Même si à prime abord on pourrait  y voir une représentation de la mort, ces éléments ne reflètent-ils pas plutôt la souffrance et le désir d’êtres vivants en attente d’un regard, d’une réponse.  Un appel.  Un cri.  Pulsion de vie face à l’éventualité de la mort.  Petits êtres de chair et de sang se débattant dans un monde de morts-vivants.
Face à eux,  justement, la rigidité de personnages conformistes présentés sous une forme plus réaliste et conventionnelle.  Qu’ils portent soutanes, uniformes ou même chapeaux melons, leurs yeux sont le plus souvent biffés, barbouillés ou bandés.  Le cœur est absent, ils ne peuvent ou ne veulent pas voir.  On dirait qu’ils sont faits de carton.  Or, dans l’art comme dans la vie, ce qui ne bouge pas n’est-il pas condamné à mourir?
Par sa peinture, Steve Lévesque exprime ainsi son incroyable pulsion de vie au quotidien,  une radiographie de ce qu’il a dans les trippes… littéralement!  Ne soyez donc pas surpris d’apercevoir au détour quelques ossements ou traces de sang.  Ce n’est que la vie qui bat.  Âmes sensibles, prière de ne pas vous abstenir.  Ceci est pour vous.
L’expo est en cours jusqu’au 27 juillet.  Le vernissage aura lieu ce samedi 3 juillet de 17 h à 20 h.  C’est un événement à ne pas manquer.
Si vous voulez faire d’une pierre deux coups, vous pouvez assister à l’événement Zïlon Express le 8 juillet à la Galerie Dentaire.  Zïlon y effectuera une oeuvre en direct sur papier.  L’oeuvre sera l’objet d’un encan silencieux au profit de la Maison du Parc.
Rock Off sur facebook:
Zïlon Express :

http://zilonsonic.com/


Galerie dentaire :

Sortie : Punk is not dead.

Shout!
16 juin 2010.  J’y étais à titre de caddie, chauffeuse et amie. Aussi parce que c’était la fête de Louis… comment passer outre? Soirée Shout! au Club Karma donc, organisée par Louis Costa avec performance de body painting par monsieur Zïlon. Une foule jeune, bien vêtue et somme toute un peu blasée, profitant allègrement d’une généreuse commandite de vin en début de soirée. La cage a été secouée quelque peu par quelques individus saugrenus, inscrivant peinture et paroles sur les murs et sur les corps.
À notre arrivée, il faisait nuit et il pleuvait. Je n’ai donc pas remarqué les minuscules affichettes qui annonçaient la fermeture du boulevard St-Laurent le lendemain…. Heureusement, les gentils remorqueurs se souvenaient de l’endroit où ils avaient porté ma voiture. Amende salée. Grosse fatigue. Après notre départ, la police est venue vider les lieux.  La soirée expérimentale n’aura pas de suite.
Gros sourire tout de même : Punk is not dead.
Sur ces photos : Michel David, Zïlon et moi.
Photographies par Steve Lévesque et/ou Simon Duplessis.

Sortie : Bombe sur la Main



Zïlon
Bombe sur la Main

Le 28 mai 2010, il y a eu quelques bombes sur la main à Montréal. Quelques bombes aérosol, il va sans dire, mais l’effet n’était pas moins explosif. Vu mon affection pour la peinture en ca-canne, je n’ai pas hésité à y accompagner mon ami Zïlon pour la journée.

Bombe sur la Main est une heureuse idée issue de la Corporation de développement urbain du Faubourg Saint-Laurent et du Partenariat du Quartier des spectacles. On a demandé à quelques dizaines de graffiteurs de Montréal de redonner vie aux façades placardées des commerces maintenant vacants du côté ouest du boulevard, au sud de la rue Ste-Catherine. Le résultat est vivant et coloré. Pour le festivalier, il atténue quelque peu l’impression de circuler en zone bombardée, ce qui était le but avoué de l’opération.

Espérons que l’événement aura aussi réussi à repousser certains préjugés face à cet art urbain souvent associé au vandalisme et à la petite délinquance. Si le graffiti est à la base un acte subversif, il n’est pas toujours dénué de beauté et de sens. C’est un art populaire, démocratique, accessible à tous et le moyen le plus brut d’expression, qu’il soit fait de mots ou d’images.

L’artiste Seaz organise depuis une quinzaine d’années le festival Under Pressure à quelques pas de l’endroit. Il faisait partie des artistes invités et c’est d’ailleurs à lui qu’on a demandé de recruter tout ce beau monde. Ils ne sont pas payés très cher, mais ils sont très contents, dit-il. On leur donne la chance de s’exprimer dans un secteur très fréquenté. Il me confie que bien des artistes-graffiteurs paient bien souvent pour participer à ce genre d’événements. Ça me surprend, j’avoue. Under Pressure ne bénéficie pas de subvention et garde sa tête hors de l’eau malgré tout, d’année en année. La prochaine édition aura d’ailleurs lieu le 14 et 15 août prochain et la campagne de financement bat son plein.